Match amical international Côte d'Ivoire - Cameroun : Dans une petite forme, les Eléphants battus par les Lions Indomptables (0-1)
« Mettre les chiffres en récit »
Partager
Match amical international Côte d'Ivoire - Cameroun : Dans une petite forme, les Eléphants battus par les Lions Indomptables (0-1)
C'est une équipe des Eléphants de Côte d'Ivoire dans une petite forme qui a été battue par les Lions Indomptables du Cameroun sur le score de 0 but à lors du match amical international disputé le samedi 3 octobre 2026, au Stade Olympique Alassane Ouattara d'Ebimpé, dans la banlieue abidjanaise.
D'entrée, le public ivoirien est frappé par le fait le plus marquant de ce match pourtant censé être un derby entre des géants du football africain, deux ténors qui ont long passé de rivalité. Inexplicablement, le coach des Eléphants choisi d'aligner un onze de départ composé de nouveaux joueurs inexpérimentés. Lorsque le match démarre, la première période est quasiment équilibrée. Les deux équipes se neutralisent tactiquement. Cependant, le Cameroun affiche progressivement une légère maîtrise globale du jeu tandis que les Éléphants d'Hervé Renard se créent quelques opportunités par Rayan Fofana et Ibrahim Sangaré.
Les Pachidermes, en manque d'inspiration et d'énergie, n'arrivent pas percer le bloc compact des Lions Indomptables. On sent que les Ivoiriens, sans énergie, ont aussi du mal à tenir le choc de l'impact physique imposé par une équipe camerounaise agressive, serieuse et disciplinée, au contraire des Eléphants qui se montrent maladroits et peu appliqués. Le ballon tourne en vain, jusqu'à la pause. 0 à 0. Au grand dam des supporters ivoiriens qui pestent dans les tribunes. Mais le plus dur est à venir pour les fans de la sélection ivoirienne. Dès le retour sur le terrain, c'est le coup de massue. Les Camerounais, plus engagés et déterminés, plantent un but décisif à la 46e minute. L'attaquant camerounais du Deportivo La Corogne en Espagne, Bil Nsongo, ouvre le score pour les Lions Indomptables (1-0) sur une passe d'Arthur Avom, concluant d'un tir puissant au premier poteau face au portier ivoirien Alban Lafont, après avoir contrôlé la balle sur un centre dans la surface.
En face, la réaction ivoirienne est désordonnée. Les Eléphants multiplient les maladresses, les approximations et les ratées dans la surface de réparation. Ils peinent à se trouver dans les espaces et dans la profondeur. Les occasions de buts sont gâchées. Hervé Renard, interpellé sur ses choix de départ, procède à un triple changement dès le début de la seconde mi-temps. Il fait entrer Ghislain Konan, Christ Inao Oulaï et Ange-Yoan Bonny. Puis Elye Wahi, Yan Diomandé et Malick Yalcouyé. Hélas malgré une pression intensifiée en fin de match, les Éléphants qui ne parviennent pas tenir le choc physique devant les Camerounais, butent sur la solide défense de la sélection de David Pagou. Le Cameroun tient bon, jusqu'au coup de sifflet final et l'emporte 1-0.
Il faut le dire, c'est avec un petit profil qu'Hervé Renard et l'équipe expérimentale qu'il a alignée au départ dans un choc au sommet du football africain sont sortis de ce triste match. Le technicien français a donné l'impression que cette rencontre était pour lui une simple séance de décrassage à l'entraînement, un test banal pour faire jouer une équipe B. En prenant le risque de lancer un onze de départ totalement remanié, le sélectionneur ivoirien Hervé Renard a pris le pari de priver délibérément la Côte d'Ivoire de ses cadres habituels. Cette équipe très rajeunie a cruellement manqué d'automatismes et d'expérience pour bousculer le bloc adverse. Sans compter le manque de fluidité tactique. En effet, face au pressing agressif et compact des Camerounais, les Eléphants n'ont n'ont pas réussi à développer leur football dans les petits espaces. Le jeu proposé par les Eléphants a manqué de créativité et de vitesse en première période. Jusqu'au coup de massue intervenu au retour des vestiaires. Un but qui semble avoir douché la remobilisation tactique de la Côte d'Ivoire.
Mais surtout, la défaite des Eléphants à domicile contre le grand rival camerounais dans ce match qui, bien qu'amical, représentait le premier véritable test pour Hervé Renard depuis son retour à la tête de la sélection ivoirienne, a confirmé les craintes du match contre la Somalie. Certes les Ivoiriens ont battu la Somalie 2-0 dans les ultimes moments de la rencontre en second match des éliminatoires CAN 2027, le mardi 29 septembre 2026 au Stade Félix Houphouët-Boigny, à Abidjan. Mais ils avaient montré une inefficacité offensive inadmissible à ce niveau de compétition. Mal inspirés et toujours mal placés dans la surface de réparation, les Ivoiriens ont fait preuve d'une inefficacité lamentable en attaque. Jusqu'aux deux buts heureux intervenus aux 88e et 94e minutes. C'est le même scénario qui s'est reproduit contre les Lions Indomptables. Sauf que le Cameroun n'est pas la Somalie. Les Lions Indomptables ont profité des lacunes des Ivoiriens pour inscrire un but qu'ils ont préservé jusqu'au bout. Bien que les Eléphants aient poussé en fin de rencontre et se soient procuré quelques occasions dangereuses, ils ont systématiquement péché dans le dernier geste et au niveau du réalisme.
Il s'agit de la première défaite de la Côte d'Ivoire depuis la nomination d'Hervé Renard à la tête de la sélection à l'été 2026. Malheureusement, le technicien français - qui a remplacé Emerse Faé sur le banc ivoirien - a donné l'impression que ce match amical international contre le Cameroun n'était qu'une banale promenade de santé pour lui. Malgré tous les talents qu'il a à sa disposition, Hervé Renard a-t-il vraiment l'ambition de construire une équipe solide, rigoureuse, disciplinée et efficace capable de relever tous les grands défis ? Les Ivoiriens n'ont pas du tout ce sentiment. Qui plus est, le sacre à la CAN 2015 qui lui vaut d'être préféré à Emerse Faé (lui aussi vainqueur d'une CAN avec les Eléphants) par le président de la FIF Idriss Diallo qu'il l'a rappelé à la tête de la sélection ivoirienne, ne peut pas justifier les légèretés et les choix fantaisistes qu'on a pu voir contre Les Lions Indomptables. Entre la Côte d'Ivoire et le Cameroun, il n'y a pas de '' petit match '' comme a pu le considérer Hervé Renard qui doit se ressaisir pour épargner dorénavant au public ivoirien ce genre de mauvaise blague.
Les matchs amicaux sont des tests importants destinés à perfectionner les mécanismes et offrent aussi l'occasion de prendre l'ascendant psychologique même sur les plus grands. Hervé Renard le sait mieux que quiconque, sur un échiquier international de plus en plus compétitif, une grande Nation de football doit inspirer la crainte. Les Eléphants ont réussi à se bâtir une belle réputation et restent une équipe redoutée en Afrique et à travers le monde. C'est pourquoi le technicien français n'a pas le droit de saper ce capital important. Or, à ce petit jeu de Renard, pourrait-on dire, n'importe quel premier venu risque de tutoyer désormais les Eléphants. Il ne s'agit pas ici de brûler Hervé Renard à la première défaite. Il s'agit de l'appeler à une prise de conscience. Le football a évolué et les réalités de 2015 ne sont plus celles de 2026, à plus forte raison celles à venir de 2027. La victoire à la CAN 2015 ne saurait être un blanc-seing pour Hervé Renard...