FIF:ELECTION SANS COMBAT, MANDAT SANS RÉPONSE ? LE FOOTBALL IVOIRIEN À L'HEURE DES COMPTES.
« Mettre les chiffres en récit »
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FIF:ELECTION SANS COMBAT, MANDAT SANS RÉPONSE ? LE FOOTBALL IVOIRIEN À L'HEURE DES COMPTES.
Les chantiers urgents d’un football en attente de vérité
Au-delà des manœuvres et des coulisses, une question demeure, plus vive que jamais : qui est prêt à ouvrir les livres rouges du football ivoirien ?
Si la succession se joue sans suspense, l’avenir du football ivoirien, lui, ne saurait attendre. Le prochain président devra impérativement répondre à des exigences précises, portées par les journalistes, les dirigeants de clubs, les autorités de tutelle et tous les amoureux du ballon rond. Voici les six dossiers brûlants qui doivent structurer le prochain mandat :
1. L’affaire des 4 milliards FCFA : réparation ou impunité ?
L’audit FIFA a pointé du doigt des détournements massifs. Si Sory Diabaté est décédé, qu’en est-il des autres protagonistes identifiés ? Des sanctions ont-elles été prononcées ? Les fonds ont-ils été restitués à la FIF ? Le football ivoirien réclame une vérité judiciaire et financière, sans complaisance.
2. L’urgence d’un manuel de procédures administrative et financier
Aujourd’hui, trop de décisions reposent sur la confiance ou l’habitude. Demain, un manuel clair doit encadrer les appels d’offres, la validation budgétaire, la séparation des fonctions, et l’archivage des contrats. La gestion ne peut plus relever de l’exception, mais du règlement.
3. Transparence totale sur les fonds FIFA Forward
Chaque année, la FIFA alloue des millions de dollars au développement du football ivoirien. Où vont-ils ? Quels projets concrets ont-ils financés ? Une ventilation détaillée, publique et accessible, est indispensable pour restaurer la confiance.
4. Audit public des grandes compétitions (CAN, Mondial)
Qui voyage ? Avec quel budget ? Sur quelles autorisations ? Les frais engagés lors des dernières campagnes internationales doivent être passés au crible. La rigueur ne doit pas s’arrêter aux terrains d’entraînement.
5. Réforme en profondeur de l’arbitrage
La commission centrale d’arbitrage doit être indépendante, contrôlée, et dotée de sanctions dissuasives. Le crédit du championnat ivoirien passe par la crédibilité de ses hommes en noir.
6. Droits TV et commercialisation du championnat
Le football local doit vivre de ses ressources. Il est temps de sortir de la dépendance aux subventions publiques et de bâtir une stratégie commerciale durable, digne d’un championnat majeur.
Le choix d’un gestionnaire, pas d’un stratège
La FIF traverse une période charnière. La normalisation de 2020-2022 a certes permis de sortir l’institution du chaos administratif, mais elle n’a pas réglé le mal profond : une culture de gestion opaque, dépourvue de procédures écrites, de contrôles internes fiables et de redevabilité réelle. Si l’audit FIFA a révélé des failles, la justice, elle, est restée muette.
Le nouveau régime, malgré ses indéniables succès sportifs, n’a pas su rompre radicalement avec certaines pratiques héritées.
Le 12 septembre 2026, les 89 votants(grands électeurs) ne choisiront pas seulement un président. Ils éliront le garant d’un nouveau pacte de gouvernance. Un homme qui ne devra plus seulement être un faiseur de victoires, mais un gestionnaire rigoureux, transparent et courageux, capable d’inscrire la FIF dans la modernité.
Le football ivoirien mérite mieux qu’une gestion à deux vitesses : étincelante sur la scène internationale, mais aveugle dans les vestiaires des clubs de province. Il mérite une gouvernance totale. Il est temps que le jeu ne tue plus l’enjeu. le peuple vous regarde dans un silence lisible et audible.