Côte d'Ivoire : Des rallyes auto et moto aux tours cyclistes, le déclin des sports mécaniques
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Côte d'Ivoire : Des rallyes auto et moto aux tours cyclistes, le déclin des sports mécaniques
Les sportifs mécaniques en Côte d'Ivoire sont à la recherche de leur âge d'or passé. Dans le rallye automobile, bien loin l'époque où les noms des figures emblématiques des années 1970 et 1980 résonnaient sur les circuits de rallye automobile en Côte d'Ivoire. Ambrosino, le pilote local le plus titré. Adolphe Choteau, '' Le Vétéran '' qui a allié longévité et passion dans la discipline. Marcel Copetti, Michel Mitri et les siens, ces visages incontournables des circuits ivoiriens. La passionnée famille Molinier, père et fils. Soumaoro Mafal et la légendaire Kady Angelbert, la '' Dame de fer du sport auto, première femme à s'imposer dans un milieu très masculin. Leur époque n'est plus que nostalgie.
Dans la discipline moto, qui ne se souvient pas des performances de Pascual Vigneron, pilote de moto-cross professionnel et mécanicien est une légende de la discipline avec 20 titres de champion de Côte d'Ivoire et 6 titres de champion d'Afrique ? Ou encore des deux Soumahoro, en l'occurrence Soumahoro Mamadou, figure majeure du sport moto ivoirien et Soumaoro Moriféré ce grand champion de rallye moto-cross ?
Au niveau des tours cyclistes ivoiriens, l'époque de Oscar Michel, largement considéré comme le plus grand cycliste que la Côte d'Ivoire ait connu, et de tous ceux qu'il a inspiré en son temps n'est plus qu'un souvenir qui survit encore certes à travers de nouvelles générations.
Faut-il le regretter, le déclin des rallyes automobiles en Côte d'Ivoire s'explique principalement par le retrait du mythique Rallye Côte d'Ivoire Bandama du Championnat du monde des rallyes en 1992, combiné aux crises politico-économiques et au coût élevé de ce sport. Le Bandama a quitté le calendrier du Championnat du monde des rallyes (WRC) après 1992 en raison de la baisse des financements et des exigences logistiques. L'entretien des véhicules, l'acheminement des pièces et le manque de sponsors solides ont pesé lourdement sur les écuries locales. Pour ne rien arranger, l'instabilité politique et les successions de crises qu'a traversées le pays ont freiné l'organisation d'événements d'envergure internationale.
Le rallye moto-cross n'échappe pas à la grisaille en Côte d’Ivoire. Le petit profil de cette discipline s'explique par un ensemble de facteurs économiques, sécuritaires et institutionnels. Alors que la Côte d'Ivoire était la plaque tournante des sports mécaniques africains dans les années 1970 et 1980, la discipline des deux roues à moteur a progressivement disparu des radars. De l’âge d’or à l'oubli, on retiendra que pendant les décennies glorieuses, la Côte d'Ivoire a écrit les premières pages mondiales du rallye-raid. C’est en effet de la capitale économique ivoirienne qu'a été lancé le mythiques raid Abidjan-Nice, initié en 1975 par Jean-Claude Bertrand. Une anecdote veut que ce soit précisément lors de l'édition 1977 de ce rallye moto-cross que Thierry Sabine s’est perdu dans le désert, lui donnant l'idée de créer le Paris-Dakar. Oh lointain souvenir !
Que dire des tours cyclistes en Côte d'Ivoire ? Leur net recul est aussi dû, comme les autres disciplines mécaniques, principalement au manque de financements récurrents et à la dépendance excessive envers les sponsors et l'aide étatique. En raison des difficultés financières, le Tour de Côte d'Ivoire a connu de nombreuses interruptions et annulations. Comme en 2013 où la course a été arrêtée en pleine épreuve faute de fonds. Ou en 2020 en raison du désistement d'un sponsor. Depuis l'époque de Roger Abinader, une figure emblématique du sport et du monde des affaires en Côte d'Ivoire, particulièrement reconnu comme l'un des plus grands mécènes du cyclisme ivoirien, les bonnes volontés qui soutennaient cette discipline sur les bords de la lagune Ebrié ont disparu.
Il est impossible d'embrasser d'un seul regard tous les problèmes des sports mécaniques en Côte d'Ivoire. Hélas, les crises de gouvernance institutionnelle, les divisions fédérales et les conflits de leadership qui ont créé l'instabilité au sein des instances dirigeantes, en ont rajouté au marasme qui a calé les moteurs en Côte d'Ivoire. Qui plus est, la concurrence disproportionnée des autres disciplines sportives comme le football qui fait l'objet d'une surmédiatisation envahissante, a fait de l'ombre aux sports mécaniques ivoiriens.
C'est pourquoi il faut encourager les efforts qui sont faits à divers niveaux pour le renouveau progressif des sports mécaniques, à travers l'organisation de compétions malgré difficultés, de nouvelles initiatives et une volonté affichée au niveau des fédérations de œuvrer à assurer la relève. Les sports mécaniques en Côte d'Ivoire ne sont pas morts. Il faut les redynamiser.